du moins, on ne dit pas n'importe quoi à n'importe qui ; il y a des vérités qu'il fait manier avec précautions
infinies, à travers toutes sortes d'euphonmismes et d'astucieuses périphrases ;
l'esprit ne se pose sur elles qu'ne décrivant de grands cercles, comme un oiseau.
Mais cela est encore peu dire : il ya un temps pour chause vérité, une loi d'opportunité qui est au principe même de l'initiation avant il est trop tôt, après il est trop tard.
Ce n'est pas tout de dire la vérité, "toute la vérité", n'importe quand, comme une brute :
l'articulation de la vérité veut être graduée ; on l'administre comme un élixir puissant
et qui ne peut être mortel, en augmentant la dose chaque jour, pour laisser à l'esprit
le temps de s'ahbituer. Lapremière fois, par exemple, on racontera une histoire ;
plus tard, on dévoilera les sens ésotérique de l'allégorie. c'est ainsi qu'il y a une histoire de saint Louis
pour les enfants, une autre pour les adolescents et une troisième pour les chartistes ; à chaque âge sa version ;
car la pensée en mûrissant, va de la lettre a l'esprit et traverse succesivement des plans de la vérité de plus en plus ésotériques.
